NOTE : 10/20

oninaki

Une thématique intéressante saccagée par des défauts majeurs

 

Le studio Tokyo RPG Factory s’est fait une spécialité de produire des expériences RPG dans l’esprit des œuvres des années 90. Jusqu’ici, malgré une bonne volonté en matière d’écriture, leurs jeux n’arrivaient pas à passer un cap à cause d’un game design trop simpliste, notamment. Qu’en est-il pour Oninaki, leur dernière production typée Action ?

 

Oublions les systèmes tour par tour et stratégiques de I Am Setsuna et Lost Sphear, Oninaki s’inscrit comme un A-RPG pur sang. Ce changement de direction ne coupe pas les ponts avec les jeux précédents pour autant, du moins au niveau de la narration avec un scénario, une mise en scène et une structure qui fleurent bon les nineties.

La mort vous va si bien

Oninaki : Une thématique intéressante saccagée par des défauts majeurs

Dans le monde d’Oninaki, la mort n’est pas vue comme une finalité puisque tout le monde croit en la réincarnation. Le joueur joue Kagachi, un des Gardiens dont le rôle est de veiller à ce que les morts passe de « l’autre côte », auquel cas ils deviennent des Egarés qui errent l’âme en peine dans le monde obscur. Sans trop en dire, le pitch initial et le concept construit autour sont de prime abord fort intéressants. Par exemple, rapidement dans le jeu, on est amené à tuer un homme sur sa demande, ce dernier voulant rejoindre sa femme décédée. Le suicide étant formellement interdit, il est de notre rôle de l’aider. Malheureusement, malgré quelques coups d’éclat, Oninaki a beaucoup de mal à nous plonger dans son univers à cause d’une mise en scène à la rigidité omniprésente et d’une réalisation, dans le sens cinématique du terme, mollassonne et archaïque. Dommage tant certaines scènes auraient pu être fortes si elles avaient été mieux produites. Malgré cela, il n’est pas impossible d’accrocher à l’histoire.

 

Kelgachi

Oninaki : Une thématique intéressante saccagée par des défauts majeurs

Du point de vue gameplay, il y a du bon et du mauvais. Kagachi peut trouver des démons, qui suivent alors le héros tout en lui fournissant une arme. Avec un seul démon à la fois, il est alors possible de switcher en plein combat. Certaines combinaisons sortent bien et de par ses tendances Hack n’ Slash et dans quelques rares cas, Oninaki se veut parfois grisant. Seulement, il est aussi frustrant à bien des égards, notamment à cause d’un système d’esquive raté, d’une trop grande latence pour certains mouvements et d’un réel manque de punch. Bien que l’on apprécie les différentes façons de jouer selon le démon qui nous accompagne, on regrettera surtout un manque d’équilibre total que l’on retrouve dans de nombreux éléments de jeu.

Oninaki : Une thématique intéressante saccagée par des défauts majeursOninaki : Une thématique intéressante saccagée par des défauts majeurs

Oninaki : Une thématique intéressante saccagée par des défauts majeurs

Le système de leveling des démons nous oblige à faire du grinding lorsque l’on en trouve un nouveau, sans quoi il ne pourra jamais vraiment rattraper ses semblables en termes de puissance. C’est d’autant plus dommageable que la structure des phases d’exploration et de combats est tellement répétitive qu’il est difficile de s’y intéresser à fond. Le bestiaire est famélique, les donjons sont linéaires et la possibilité de passer du monde normal au monde des morts est totalement sous-exploitée. Même l’intelligence artificielle des boss laisse à désirer. Bref, là encore, malgré quelques coups d’éclat, Oninaki a du mal à sortir la tête de l’eau.

Au final, l’expérience est tout juste correcte pour le nouveau titre de Tokyo RPG Factory, qui semble avoir de bonnes idées, mais ne parvient pas à en tirer le nectar. Si quelques joueurs seront assez intrigués par l’univers pour faire fi de ses défauts, il n’est à réserver qu’à un public averti qui n’a pas peur de la redondance et d’une mise en scène bien en deçà que ce que l’histoire aurait nécessité.

 

 

Les notes :
+Points positifs
  • Le thème de la mort abordé de manière originale
  • Un scénario et un univers noirs et intéressants
  • Les Démons qui se jouent de manières différentes
  • Une bande-son efficace
  • Voix japonaises

 

-Points négatifs
  • Une mise en scène datée qui annihile la puissance de l’histoire
  • Réalisation générale de qualité médiocre
  • Le level design des donjons ultra basique
  • L’exploration manque totalement d’intérêt
  • Bestiaire très, très répétitif
  • Gameplay déséquilibré qui manque de punch
  • Système des deux versions du monde (vivant/mort) complètement sous-exploité
  • Traduction parfois douteuse / Manque de clarté des compétences

 

Oninaki n’est pas sans qualité, proposant un univers sombre où la mort fait littéralement partie du quotidien. Bien que des thèmes reviennent régulièrement comme le deuil par exemple, le titre de Tokyo RPG Factory perd une grande partie de sa puissance dans des défauts omniprésents, comme une mise en scène ratée et une réalisation particulièrement pauvre. Du côté du gameplay, on note un aspect hack’n slash parfois amusant grâce à de multiples façons de combattre, mais aussi frustrant par manque d’équilibre, sans compter les nombreuses phases de donjons sans aucun intérêt. S’il est possible d’apprécier l’aventure en fermant les yeux sur ses nombreux manques, Oninaki reste un jeu qui n’aura pas su exploiter ses forces, pourtant existantes.

 

 

 

NOTE : 10/20